L'Arête I

Dernière mise à jour : 13 sept. 2021

Samedi 6 août 2016


Réveil en douceur et à deux à l’heure.

Préparation du premier sac à dos.


Arête de montagne aux Carroz d'Arâche
L'Arête

Une dernière vérification et me voilà partie pour le parking de Vernant. J’enfile mes toutes nouvelles chaussures de rando en priant pour qu’elles ne me détruisent pas les pieds en 5 minutes. Départ à 10h45 du parking, direction le lac de Vernant pour commencer. En s’arrêtant au bord du lac, on se retrouve entouré de montagnes. Le panorama est stupéfiant. On se sent si petit et si vivant en même temps, c’est magique. C’est pas le tout mais ça ne fait qu’un bon quart d’heure que je marche et il me faut reprendre ma route.


Je commence l’ascension de ce qui est en temps hivernal une piste de ski appelée Dolomites. Mon rythme est lent et régulier. Je laisse le temps à mon corps de s’adapter à ce nouvel environnement. Entre la pollution parisienne et le manque d’oxygène en altitude, il y a un monde. Je me surprends à ne pas cracher mes poumons comme un fumeur invétéré. La dernière fois que j’ai fait cette randonnée, ma condition physique était bien moins bonne et j’ai bien cru que j’allais y rester ! Cette fois-ci tout se passe pour le mieux.


C'était brumeux ce jour-là


12h10 j’arrive aux Grands Vans à 2200m d’altitude. La vue est merveilleuse. Les nuages sont de la parties, mais cela rend la montagne un peu mystérieuse ce qui rajoute à mon bonheur. Je passe sous l’arrivée du télésiège qui en plein été ressemble un peu à un manège abandonné. Je cherche du regard le début du sentier que je veux prendre mais je n’arrive pas à l’attraper du coin de l’œil. Je descends un peu en zig-zag pour essayer de l’apercevoir et après 1 ou 2 minutes, je finis enfin par l'attraper.

Je m’engage sur ce tout petit sentier qui me permet d’accéder à la randonnée que je préfère au monde. Il se développe sur l’arrête de la montagne, comme la colonne vertébrale d’un dragon. Le chemin est étroit, pierreux, escarpé, saccadé, imparfait. Il a le don de casser mon rythme avec ses petits passages accidentés et ses petites montées raides et subites. Au début de ce sentier, il y a un trou dans la roche assez important, à travers on aperçoit le lac de Vernant qui se trouve en bas. Bien plus bas. Je continue mon travail d’équilibriste à travers ce paysage majestueux. Le temps s’arrête. La voix dans ma tête se calme enfin. Je suis seule.


Après 1h de vadrouille sur le dos du dragon, je tombe sur une plateforme avec des bonbonnes de gaz pour les avalanches. Je peux enfin me poser pour manger. La contrepartie de naviguer sur l’arrête d’une montagne est que le sentier est étroit et entouré soit par une végétation dense, soit par le vide... Pour casser la croute, c’est un peu compliqué.


Je dégaine ma salade en regardant la montagne de l’autre côté de la vallée. Je n’ai besoin de rien d’autre. Quelques randonneurs passent juste en dessous de moi sur le petit chemin. Je suis au paradis.


Je n’ai pas envie de repartir tout de suite, je me sens bien sur mon perchoir. Je sors Voyage au bout de la nuit de Céline que j’avais emporté avec moi et je suis avec une attention distraite les aventures de Bardamu quittant les Etats-Unis.



14h. Il est temps de repartir. À peine 50m après, j’attaque un raidillon qui me fait apprécier d’avoir mangé léger. Je navigue encore un peu et arrive au « Pas de l’Ecureuil ». C’est un passage un peu difficile qui consiste tout simplement à dé-escalader des roches avec pour seul matériel une chaîne à gros maillons fixée sur les arbres et les roches. C’est mon passage favoris. Peu après, je traverse une petite prairie (que l’on peut largement appeler prairie après avoir passé plus d’une heure sur un sentier de 30cm de large), et après la prairie, place à la forêt. Il est temps de redescendre.


A cause des pluies récentes, le sous-bois est assez glissant pour ne pas dire casse-gueule. Sur le chemin, je regrette de ne pas avoir pris au moins un bâton de randonnée, ça aurait été bien utile aujourd’hui.


Le bruit de la route en contrebas commence doucement à me parvenir. La réalité réapparaît. Encore une vingtaine de minutes et j’aurai retrouvé ma voiture. Je passe par des sous-bois presque rigolos ; je suis submergée par la végétation avant de reprendre une piste plus large.


15h30. Et voilà, mon petit tour est fini.


Le domaine skiable de Flaine en été
En direction de Flaine depuis le milieu de l'Arête

Je pose mes chaussures et à ma plus grande surprise, il n’y a pas trace d’une seule ampoule. C’est une première !


2 vttistes s’approchent de moi alors que je m'étire. Ils me demandent si j’ai une carte IGN, un sentier est barré plus bas et ils ne savent pas comment finir leur tour. Je sors ma carte du coin, ils l’a prennent en photo. On discute une minute puis ils repartent.

Je grimpe dans ma voiture, attrape le volant et met le cap sur Les Carroz.

C’était une très belle première journée.


 


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